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Thème : IYF v6 ::  :: 1. Se Renseigner

 Heossoulet <3

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MessageSujet: Heossoulet <3   Lun 3 Oct - 21:51
La nuit est tombée depuis longtemps, mais tu tournes encore en rond dans ton sac de couchage, essayant d'ignorer tant bien que mal les grognements tout autour de toi. Cette vie commence à devenir pesante pour tout le monde, y compris pour toi. Un an que cette fichue épidémie s'est répandue sur tout le pays, un an que tu passes tes nuits à chercher le sommeil plus qu'à le trouver, craignant sans arrêt que l'une de ces choses ne vienne te prendre par surprise et que tu ne puisses pas voir le soleil se lever un jour de plus.

Mais ce soir, tu entends encore le crépitement du feu que vous avez allumé un peu plus tôt, pour faire réchauffer quelques boites de conserves trouvées par-ci par-là. Et si ce son ne suffit pas à te rassurer, il t'apporte au moins un peu d'espoir. Celui que l'un de tes compagnons soit encore debout, prêt à te tenir compagnie et à t'occuper un peu pour traverser cette nuit sans te plonger dans tes idées noires. Alors, tu finis par te lever et par passer la tête hors de la tente, avisant ce garçon que tu ne connais pas très bien. Un type comme un autre, un survivant qui s'est joint à vous depuis quelques semaines. Vous n'avez jamais vraiment pris le temps de discuter, mais ça ne t'empêche pas de sortir tout à fait et de te laisser tomber près de lui sur le sol, observant les flammes un moment dans le silence.

Tu pourrais essayer de t'intéresser à lui, à n'importe qui en fait, il doit bien y avoir quelques personnes qui valent encore le détour, mais ça ne sert à rien, tu le sais très bien. Qu'est-ce que ça peut faire, maintenant ? Un jour ou l'autre, ce pauvre mec se fera dévorer ou assassiner... A moins que ce ne soit toi, qui sait ? Alors quoi ? Tu vas perdre du temps à apprendre à le connaître, à l'apprécier, peut-être à t'attacher vraiment, pour finalement être obligée de lui tirer une balle dans la tête pour abréger ses souffrances ? Non merci. Tout ça, c'est pas pour toi. Tu préfères largement l'étiquette de petite bourge frigide qu'on t'a collée. Au moins comme ça, tu ne souffres pas.

Et puis, soyons honnête, tu n'as jamais été quelqu'un de très amical de toute façon. Tu avais des amis, bien sûr, qui n'en a pas ? Mais tu n'as jamais ressenti ce petit plus, cette petite étincelle qui donne un peu de sel à la vie. Le grand amour, les papillons dans le ventre, pour toi, ça n'a jamais été autre chose que des mots, des concepts abstraits que tu pouvais lire dans les bouquins ou voir dans les films, mais qui ne t'ont jamais touché personnellement. Est-ce qu'il y a quelque chose qui cloche chez toi ? Peut-être. Quand on te prend trop la tête et qu'on cherche à savoir d'où ça vient, tu accuses toujours tes parents. C'est de leur faute, c'est sûr. Entre un père occupé à faire tourner une usine de montage General Motors et une mère passionnée par les soirées mondaines, autant dire que tu n'as jamais vraiment eu l'attention que tu estimais mériter. Pourtant, tu ne manquais de rien, pas comme maintenant. Mais les cadeaux, l'argent, tout ça n'avait pas tellement d'intérêt pour toi, tout ce que tu voulais, c'était que quelqu'un s'intéresse à toi, que quelqu'un te parle, te prenne dans ses bras. Alors à défaut d'une famille aimante, tu t'es entourée d'une cour à l'école. Des filles qui rêvaient de te ressembler, des garçons qui rêvaient de te faire chavirer. Sans succès... Tu apparaissais déjà froide, trop bien pour eux.

Par réflexe, tu cherches l'alliance qui est restée si longtemps à ton doigt, mais que tu as fini par retirer quelques semaines plus tôt. Parce que quand on la remarquait enfin, inéluctablement, les questions commençaient à fuser et quand tu acceptais enfin de répondre, on te prenait en pitié. Il n'y a pas de quoi, pourtant. C'est vrai, tu as été mariée, mais c'était dans une autre vie, dans un autre monde. Un homme bien, sans doute, ce cher Joe. Il travaillait pour ton père. Un petit ouvrier de rien, de quinze ans ton aîné. Pas le grand amour, une fois encore, tu n'es même pas certaine de l'avoir déjà aimé. Ce qui te plaisait chez lui, c'était seulement qu'il t'aimait et que ton père détestait ça. Combien de fois t'a-t-il menacé de t'envoyer en pension si tu continuais d'entretenir cette relation ? Combien de fois t'a-t-il menacé d'aller porter plainte ? Au moins, il faisait enfin attention à toi et il n'était pas le seul. Deux hommes pour la première fois de ta vie, c'était tellement bien. Et quand les menaces de ton père se sont finalement transformés en actes, tu as fait la chose la plus stupide de toute ta vie : tu as pris la fuite, tu t'es sauvé avec Joe et sans que tu ne le réalises vraiment, vous vous êtes retrouvés mariés alors que tu n'avais même ps dix-huit ans. Et puis très vite, tu t'es rendue compte que tu ne voulais pas plus de cette vie que tu ne voulais de l'ancienne et une fois encore, tu as disparu, sans prendre la peine de prévenir ton cher mari, sans prendre la peine de retirer ton alliance. Le divorce n'a jamais été prononcé, il a bien essayé de te retrouver, il a réussi parfois, mais tu savais y faire avec lui, tu savais comment endormir sa méfiance le temps d'une nuit ou de plusieurs, pour filer à l'anglaise un beau matin et recommencer plus tard, quand il retrouvait encore ta trace.

Et même lui, il a fini par laisser tomber. Tu ne sais pas vraiment ce qu'il est devenu ensuite, quand tu as finalement posé tes valises à New-York et que tu ne l'as plus jamais revu. Jusqu'à ce matin de Mai, si peu de temps avant que le monde ne s'effondre, quand ton téléphone a sonné et qu'à l'autre du bout du fil, un médecin bienveillant t'a annoncée avec toute la compassion du monde que ton mari venait de succomber à une crise cardiaque, quelque part dans un hôpital de Seattle. Peut-être que cette nouvelle t'a un peu attristé, tu n'en es même pas certaine. Maintenant, tu es seulement contente pour lui, au moins, il est mort avant de voir tout ça, il n'a pas eu à vivre cette horreur et c'est vraiment une chance.

Si tu avais su que le monde finirait comme ça... Si tu avais su qu'un jour ou l'autre, tu te retrouverais seule au monde, à devoir affronter les Hommes et les Morts pour t'en sortir, à devoir marcher pendant des jours sans réussir à te remplir le ventre, à devoir porter des semaines les mêmes vêtements, à rêver d'une douche, même froide... Peut-être que tu aurais pris un peu plus de temps pour apprécier tout ce que tu avais alors, là-bas au Texas, quand tout était encore simple et qu'en un claquement de doigt, tes désirs devenaient des ordres. Mais tu ne le savais pas, tu ne l'as pas vu venir, pas plus que les autres et maintenant, il faut bien faire avec.

Réalisant tout à coup que tu es assise là depuis plusieurs minutes et que tu n'as toujours rien dit, tu tournes finalement les yeux vers ton compagnon d'infortune, hésitant une seconde avant de lâcher :

« Je tuerai pour écouter un peu de musique. »

Tu ne sais même pas trop pourquoi tu viens de dire ça, mais c'est la vérité. La musique... Ça a toujours été ta grande passion. Une manière comme une autre de t'échapper du monde, quelque chose qui te permettait de ressentir vraiment. Ton truc à toi, c'était le classique. Grâce à la fortune de tes parents, tu as eu la chance de tenir un violon entre tes mains très tôt dans ta vie et tu ne l'as plus jamais lâché. Enfin... Jusqu'à ce que tu sois obligée de le remplacer par une arme, du moins. Et tu étais même plutôt douée, assez pour finir au Philharmonique de New-York, en tout cas. Seulement second violon, mais c'était quand même ta petite fierté dans la vie. Et le son du violon te manque, le silence de la salle, brisé tout à coup par les notes de musique... Et puis, de quoi tu pourrais parler d'autre ? Tu te fiches totalement de son nom, de son historie, autant qu'il devrait se soucier de la tienne. Il relève quand même les yeux vers toi, un peu surpris par une telle déclaration. Tu affrontes son regard une seconde, puis détourne simplement les yeux, les reposant sur les flammes. Parler est devenu tellement compliqué.

« Quel genre de musique ? »

Tiens, il s'est décidé à répondre, finalement ? Tu souris, légèrement, à peine. Tu pourrais lui en parler pendant des heures, mais ça n'est pas vraiment ton genre, alors tu te contentes simplement d'un mot, la réponse la plus simple et la plus claire possible : « Classique. » Ça semble le faire rire, mais ça t'est égal, tu n'es déjà plus là. Tu as fermé les yeux et tu te revois sur la scène, faire face à la salle pleine, lors de ton dernier concert. Le silence complet, la foule à peine éclairée et tout à coup, la lumière qui se fait sur la scène et les notes qui montent crescendo. Ton dernier grand frisson. Ou ton premier, peut-être. Vous avez à peine eu le temps de finir l'ouverture que la musique des instruments s'est retrouvée noyée sous les hurlements des spectateurs. Un chant beaucoup moins harmonieux, impressionnant, effrayant, se répercutant sur les murs de la salle conçue pour tirer le meilleur parti d'une œuvre musicale. Un chef d’œuvre unique en son genre. Elles étaient là, ces créatures, ces choses. Tu ne sais même pas comment les nommer, ça dépasse totalement l'imaginable. Des armées entières de morts pourrissants, ne rêvant que d'une chose : se nourrir de ta chair. Toi qui rêvait d'attention, tu es servie maintenant !

Tu ne savais pas quoi faire, personne ne savait, alors tu as pris la fuite de nouveau, pour la première fois depuis des années. Et tu as suivi le mouvement, rejoignant des groupes, encore et encore, regardant tes compagnons se faire décimer les uns après les autres, autant par la faute de ces choses que par celle des quelques personnes encore bien vivantes. Tout ça pour te retrouver ici. Détroit... Bien loin de ton Texas natal, seule au monde, à parler de musique autour d'un feu de camp avec un total inconnu. C'est ça ta vie, maintenant. C'est ça la vie de tout le monde.

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Shekh ma shieraki anni

© FRIMELDA
 
Heossoulet <3
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